Presque tous les peuples qui ont joué dans l'antiquité un rôle remarquable, nous ont laissé, soit des souvenirs historiques qui permettent de suivre les diverses phases de leur existence, soit des traces matérielles qui constatent le degré
de civilisation auquel ils étaient parvenus et les progrès qu'ils avaient fait faire aux arts. Les Assyriens seuls, jusqu'à nos jours, restaient à peu près inconnus. Les auteurs profanes ne nous ont transmis sur eux que des renseignements incomplets, souvent contradictoires ou même fabuleux.
Il était évident cependant qu'un empire aussi puissant et dont la durée avait été aussi longue, n'avait pu disparaître sans laisser de traces ; et il était à espérer que lorsque des circonstances favorables permettraient d'explorer le terrain avec plus d'attention qu'on n'avait pu le faire, on parviendrait à découvrir des monuments dont l'étude comblerait une lacune importante dans l'archéologie.

Aussi lorsque je fus envoyé par le Gouvernement français à Mossul en qualité d'agent consulaire, M. Jules Mohl m'engagea-t-il vivement à faire des recherches dans l'emplacement que l'histoire et la tradition s'accordent à désigner comme celui où Ninive était située. Le succès a dépassé nos espérances : mes travaux d'abord infructueux, m'ont bientôt conduit à la découverte d'un immense monument, comparable, sous le rapport de la richesse de la décoration,
à tout ce que l'Egypte nous a laissé de plus somptueux.

(P.E. BOTTA dans Monument de Ninive, 1850)